Guang Ming ISMC

 

                Institut Supérieur de Médecine Chinoise

 

Du médecin

Il est indéniable qu’il existe des inégalités entre les bons et les mauvais médecins, mais aussi longtemps que les moins bons dispensent leurs soins aussi prudemment que possible et agissent avec un maximum de prudence et de précautions, il ne vont pas nécessairement tuer leurs patients. Si en plus ils y adjoignent des pratiques non conformes et trompeuses (avec pour effet de diminuer encore la qualité de leur traitement), il en résultera des dommages effroyables.

Certains médecins conçoivent des prescriptions étranges, juste pour se distinguer. Certains emploient des substances médicinales pour défaire les masses. D’autres prescrivent Renshen (Radix Ginseng) et Lurong (Cornu Cervi), ajoutant de ce fait de la chaleur, pour satisfaire les nobles et les riches. D’autres encore prétendent utiliser des prescriptions provenant d’Immortels ou du Bouddha afin de berner les ignorants. D’autres tiennent des discours alambiqués et proposent des doctrines bizarres pour impressionner le monde et se faire un nom. D’autres encore fabriquent de faux classiques et des enseignements infondés, trompant ainsi le peuple et éblouissant l’homme simple.

Ou alors, ils savent pertinemment qu’une certaine maladie à laquelle ils sont confrontés n’offre aucune difficulté, mais ils prétendent que c’est une autre maladie, afin de faire démonstration de leur habileté particulière. Ainsi, si quelqu’un a une attaque de Vent Froid durant les mois d’hiver, ils ajoutent Xiangru (Herba Elsholtziae) à la prescription pour lutter contre l’attaque de Froid. Quand la maladie est guérie, le patient croit qu’il souffrait d’une attaque de Vent Chaleur, car il ignore que Xiangru (Herba Elsholtziae) n’est là que pour le tromper. Ou, si la condition pathologique est relatée à la Chaleur, sans aucune raison, ils ajoutent Ganjiang (Rhizoma Zingiberis Exsiccata) à leur prescription qui clarifie la Chaleur, et le malade est guéri. Le patient croira que c’était vraiment une maladie due au Froid, alors qu’il ignore que Ganjiang (Rhizoma Zingiberis Exsiccata) a été décocté plus de cent fois, et qu’il n’a plus aucune saveur ni effet thérapeutique.

En médecine externe, ces médecins emploient souvent des formules préalablement préparées de sorte qu’il est encore plus difficile d’en distinguer la composition. Cette manière de faire est particulièrement dangereuse. Premièrement, ils provoquent le développement d’ulcères aussi grands que possible, ceci afin d’effrayer au maximum leurs patients, puis seulement, ils les traitent. Ils connaissent les drogues  qui ouvrent les abcès sans en favoriser la cicatrisation, ce qui a pour effet que quelques patients meurent. Ou alors, il se peut qu’ils disposent de prescriptions telles que Wushen Gao ou San Pin Yi Tiao Qiang, et s’en servent indifféremment, même si le patient souffre d’une terrible douleur. Le patient peut bien pleurer amèrement et être aux portes de la mort, mais ces médecins n’ont aucune compassion. Ces gens n’ont rien d’autre en tête que de tromper le peuple et acquérir des richesses. Et même s’ils connaissent une ou deux choses, ils sont à ce point aveuglés par leur suffisance qu’ils obtiennent difficilement des résultats positifs.

Les médecins dont l’expérience est insuffisante peuvent toujours éviter de faire souffrir les gens aussi longtemps qu’ils sont capables de suivre les règles adéquates. S’ils sont capables de rester modestes, et s’ils attachent beaucoup d’importance à l’étude, leur connaissance va s’accroître, et chacune de leurs interventions sera un succès. De ce fait, leur notoriété et leur réputation vont grandir, et par conséquent, beaucoup de gens vont faire appel à eux – et la richesse suivra. Si l’on ne cherche rien d’autre que la richesse, on va rater notoriété et richesse. Pourquoi les médecins se compliquent-ils la vie en négligeant l’un pour l’autre ?

 

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22/09/2013