Guang Ming ISMC

Guang Ming ISMC
Centre
et Institut de Médecine Chinoise

Acupuncture : Maladie de Ménière - vertiges avec acouphènes - Cas 1

WM, 47 ans, janvier 1998

Traitement de la maladie de Ménière

Un soir il est pris brusquement de vertige et tournis en regardant la télé. Le lendemain matin tout semble normal et puis il est à nouveau pris d’un tournis violent accompagné de vomissements. Cela s’améliore en restant couché. Il constate qu’en même temps apparaissent des acouphènes et une douleur du côté droit de la nuque. Il fait venir un médecin qui prescrit du betaserc. Les jours qui suivent il n’y a plus d’attaque aiguë, mais il continue à ressentir des vertiges, la difficulté de marcher droit et l’impossibilité de conduire sa voiture. Comme son épouse a déjà eu de bonnes expériences avec la médecine chinoise, il décide de ne pas tarder à y avoir recours et s’adresse au médecin chinois de celle-ci. À l’examen ce dernier constate que les pouls sont mous et que la langue est pâle et très humide. Il diagnostique un vertige par vide de la rate et une montée contraire de glaires humidité et prescrit Banxia Tianma Baizhu Tang avec des modifications.

Une semaine plus tard le patient se sent nettement mieux. Il peut marcher facilement sur des distances relativement courtes et il lui est à nouveau possible de conduire sa voiture. Il lui reste cependant encore de sérieux acouphènes. Le pouls et la langue sont encore similaires. La même prescription est reconduite.

Une semaine plus tard le patient dit à son docteur chinois que sa condition ne s’est plus aggravée, mais qu’elle ne s’est plus améliorée non plus, sauf en ce qui concerne les acouphènes qui ont disparu. Il reste un problème d’équilibre aux mouvements brusques, une sensation d’incertitude, l’impression qu’il ne voit pas clair. Il dit qu’il se sent mieux pendant qu’il prend les herbes et que pendant les deux jours d’interruption il ressent à nouveau une aggravation. Le pouls est toujours mou et l’enduit lingual est glissant. Le praticien considère qu’on est en bonne voie, mais qu’il faut renforcer l’élimination des glaires. Il reconduit la même prescription, mais avec quelques modifications et ce pour trois semaines.

À la prochaine visite le patient déclare qu’il n’y a pas d’amélioration. Il a de la céphalée, principalement sur l’arrière de la tête et les tempes. Il ressent une pression à l’intérieur des oreilles. Son pouls est congestionné. La langue est toujours très humide. Le docteur note qu’il apparaît un aspect de congestion du foie et de montée du yang qui n’était pas décelable lors des précédentes visites. Il adapte donc sa formule pour relaxer le foie, descendre le yang et les glaires qui attaquent vers le haut.

Une semaine plus tard le patient rapporte que la céphalée s’est bien améliorée, que la pression dans l’oreille a diminué, que la vue est meilleure et qu’il se sent plus sûr de lui. Le pouls reste identique, mais la langue est moins humide.

Comme la majorité des symptômes a disparu, le docteur considère qu’il faut néanmoins continuer le même traitement pour consolider les résultats afin qu’ils soient définitifs. Quinze jours plus tard le patient confirme qu’il se sent de mieux en mieux. Sa langue est normalement humide et pourvue d’un léger enduit blanc.

Jusqu’alors le patient avait été en congé maladie et il retourne travailler. Il est utile de savoir qu’il a une situation de manager dans un important groupe textile et que son stress est énorme. Après quinze jours de reprise, il sent ses symptômes revenir avec perte de concentration, perte d’équilibre, sensation de plénitude dans les oreilles, difficulté de voir clair, douleur dans la nuque. La langue est à nouveau très humide. Or le patient déclare qu’il ne peut plus interrompre son travail. Le médecin chinois décide de continuer la même prescription mais de tripler les doses.

Il faut trois semaines du même traitement pour que tous les symptômes disparaissent. Le patient se sent même mieux qu’avant. Pour évaluer les résultats obtenus, le traitement est interrompu pendant deux semaines.

Durant cette période le patient se sent relativement moins bien, mais sans que ses symptômes ne reviennent. Il dit à son médecin qu’il voudrait encore rester quelque temps en traitement. Celui-ci considère cependant qu’il n’est plus nécessaire de travailler avec autant de force et prescrit une formule similaire, mais à préparer en alcoolature et à prendre en petites doses.

Il suit cette cure pendant deux mois et pendant cette période tout se stabilise. Dix-huit mois plus tard il rapporte qu’il n’a plus eu aucun problème. Entre-temps il a néanmoins encore consulté quelques fois pour traiter des tensions musculaires de la nuque et du dos à l’acupuncture.

Commentaires :

Les problèmes de Maladie de Ménière de ce patient sont clairement liés au surmenage et au stress. Ses responsabilités professionnelles sont énormes et son horaire dépasse largement celui d’un simple employé. Ainsi il n’arrive jamais à changer d’air et à se délasser. Progressivement son énergie baisse et son sang s’affaiblit. Le foie est en état de congestion continuelle, mais sans développer des symptômes spécifiques. Cela n’empêche pas qu’il surcharge la rate, qui ne transforme plus bien et produit des glaires et des liquides qui s’accumulent dans le centre. À un certain moment une limite est dépassée et les glaires liquides attaquent vers le haut et produisent le vertige accompagné de vomissements, le tableau typique de la maladie de Ménière. Pour un cas pareil le betaserc est inutile. Au début l’amélioration du patient n’était pas due au médicament, mais au vomissement qui a permis de dégager une partie des glaires.

On peut se demander pourquoi les résultats des herbes étaient aussi rapides les deux premières semaines, mais qu’après il y avait un ralentissement dans le rétablissement. C’est assez simple. Le traitement donné visait tout d’abord la branche, à savoir les glaires, ce qui a permis d’obtenir un effet symptomatique rapide. Mais pour arriver à des résultats stables, il fallait rétablir un terrain affaibli par un long surmenage. Cela ne se fait pas en une période très courte, surtout quand le patient reprend les activités qui étaient la cause de sa maladie. Ici il a eu de la chance, parce que les herbes ont pesé plus lourd que la reprise de son travail. Ç’aurait pu être le contraire et dans ce cas le patient aurait été obligé d’envisager une interruption de son activité professionnelle de longue durée … ce qui l’aurait d’ailleurs fortement découragé et peut-être amené à abandonner le traitement en médecine chinoise.

Ce cas est documenté semaine par semaine. L’intérêt de cette approche est qu’on peut suivre l’évolution du patient au plus près et suivre la transformation de son état, l’apparition de syndromes connexes, cachés au départ. Il est certain que plus le traitement est adapté au cas précis du patient, meilleurs seront les résultats.

Alors que la médecine occidentale reste souvent impuissante face à la maladie de Ménière, les résultats de la médecine chinoise sont plutôt spectaculaires et le taux de guérison dépasse 80%. Il faut cependant noter qu’il est plus confortable de traiter un patient en crise, que quelqu’un qui ne fait des attaques que de temps en temps et chez qui il est bien plus difficile d’évaluer les progrès s’il n’y a pas d’autres symptômes.