Guang Ming ISMC

Guang Ming ISMC
Centre
et Institut de Médecine Chinoise

Acupuncture : la cystite

Dans la médecine chinoise on retrouve la cystite dans les syndromes lin, c’est à dire les syndromes de dysfonction urinaire.  Si on veut retraduire ces maladies en médecine occidentale, on y trouve un tableau nettement plus large, comme les différentes infections des voies urinaires, telles que l’urétrite, la cystite et la pyélonéphrite, sans oublier les différents types de lithiase du système rénal et urinaire. Suivant des statistiques faites en Chine, l’efficacité des traitements aux herbes vont de 75 à 80 % pour les cas aigus et de 55 à 75 pour cent pour les cas chroniques.

En Europe les phases aiguës de cette maladie sont en général traitées en médecine occidentale. Mais quand la maladie devient chronique les médicaments puissants deviennent étrangement désuets et les patients se tournent vers des solutions différentes, comme la médecine chinoise.

Dans le courant de sa pratique, notre médecin chinois a traité assez souvent des cystites (souvent combinées avec des mycoses vaginales) et toujours avec de bons résultats. Il faut en témoigner, pour que le public occidental soit informé.

Cas

Un homme de 68 ans. Diabète sous contrôle par les herbes chinoises.

Il souffre d’une cystite depuis 10 jours. Elle a commencé par la survenue soudaine d’une forte fièvre accompagnée d’incontinence urinaire. Il commence par prendre de l’aspirine qui le fait abondamment transpirer. Sa miction est très foncée, fréquente et vient en petites quantités, mais sans douleur. Il consulte son médecin généraliste qui fait pratiquer une analyse où on constate la présence de sang occulte dans l’urine. Il lui est prescrit des antibiotiques. Le lendemain sa fièvre est descendue à 37,3°C. Un nouvel examen permet de découvrir la présence d’une petite lithiase au niveau de la prostate, accompagné du gonflement de cette dernière. Comme les médicaments n’ont fait que diminuer la fièvre, mais que la miction ne change pas, le patient décide de consulter le docteur chinois.

Celui-ci voit un patient en sérieuse surcharge pondérale, assez agité, présentant les symptômes de miction déréglée comme décrit précédemment, sans sensation de chaud ou de froid, malgré une température de 37,3°C au thermomètre, douleurs du dos, des épaules et des lombes. Ses selles sont molles et très odorantes. Le pouls est glissant, mou, légèrement accéléré. L’enduit lingual est gras.

Diagnostic : re lin par humidité chaleur de la vessie

Prescription : Cheng Shi Bixie Fen Qing Yin modifié pour trois jours, à raison de 100 g par jour.

Résultats : après trois jours tous les symptômes sont partis. De nouvelles analyses et examens en médecine occidentale indiquent que la maladie est guérie.

Le patient a fait l’objet d’une attaque externe qui a causé la fièvre et les douleurs musculaires. L’aspirine a fait transpirer, mais n’a pas vraiment libéré la surface. À la suite de cela, le pervers est entré dans l’interne et s’est combiné avec l’humidité présente pour former de l’humidité chaleur qui est descendue à la vessie, produisant ainsi un re lin, diagnostiqué en médecine occidentale comme une cystite.

On aurait pu penser en premier lieu à la formule Ba Zheng San, le classique des cystites aiguës. Or il faut bien différencier. Ba Zheng San s’adresse à un syndrome de plénitude de la chaleur, marqué par la douleur et l’urine foncée, contenant souvent du sang. Dans ce cas, il n’y avait pas de douleur ni de sang (le sang occulte ne pouvant en principe être pris en compte pour le diagnostic de la médecine chinoise, bien que ce point puisse être discutable). L’ouverture et la fermeture de la vessie étaient perturbées par une humidité chaleur dans laquelle l’humidité dominait. C’est donc cette dernière qu’il fallait traiter en priorité.

Il y a un autre aspect intéressant dans ce cas. Au moment de la première attaque, marqué par une forte fièvre, le patient souffrait d’incontinence. Cela indique que le blocage du méridien taiyang vessie dans le haut a causé la perte du contrôle dans le bas. La fonction de transformation de la vessie étant affaiblie, celle-ci pouvait facilement accueillir le pervers qui suivait la voie du méridien. Mais comme c’est le vide qui primait, il ne s’est formé ni un syndrome de stagnation du qi de la vessie ni un syndrome de plénitude chaleur de la vessie. Simplement, l’humidité, chargée du trouble de la chaleur, a envahi ce fu et perturbé ses fonctions, mais sans qu’il n’y ait des symptômes très aigus. C’est d’ailleurs ce qui explique le manque d’effet d’un traitement aux antibiotiques, qui donne en général des résultats très satisfaisants dans les cystites aiguës.